La batucada Takadidoum à Rennes Un jour que tu sortais tranquillement t’acheter un iPhone à prix discount, tu es tombé au coin d’une rue sur un groupe d’une vingtaine de personnes, arnachés à leurs percussions, habillés dans des patchworks de couleurs, qui jouaient une samba endiablée qui t’a pris au corps…

Immédiatement, une seule pensée t’a traversé l’esprit : « Qu’est-ce que c’est que ce truc ? » C’est du Brésil qu’est originaire ce mouvement : les batucadas, des orchestres de percussions de rues qui jouent la samba avec un entrain communicatif.

Une musique venue du Brésil…

Le Sambodrome de Rio, où s’affrontent les écoles de sambaD’abord issue des métissages rythmiques des esclaves africains, la samba s’est imposée comme un des principaux courants musicaux populaires du Brésil. Le mot « samba » possède son origine africaine dans la langue Quilmbundo où « semba » désigne un « coup de nombril« .

Jusque dans les années 30, cette musique était interdite par le gouvernement, car jugée obscène, violente, brutale. Puis, dans les années 40 et 50 se sont multipliées les écoles de samba : le mot école prend alors aussi son sens de doctrine, avec ses professeurs, leurs disciples, leurs costumes…

Les écoles sont nombreuses (Mangueira, Beija Flor, Imperatriz, …), et travaillent toute l’année avec acharnement pour le carnaval de Rio. Ce dernier prend alors des aspects de compétition nationale entre les différentes écoles du pays, qui comptent jusqu’à 300 musiciens et danseurs chacune ! Il se déroule dans le Sambodrome de Rio, grande avenue entourée de gradins pour les spectateurs. A noter d’ailleurs qu’au Brésil, on ne parle pas de « batucada« , mais de « batteria« , une expression plus imagée pour décrire cette véritable batterie humaine, où chacun est complémentaire…

… jusqu’en France !

Les batucadas pratiquent également le jumpstyle ! En France, depuis un peu plus d’une dizaine d’années, on voit se créer des écoles de samba sur le modèle brésilien, mais ce sont surtout les orchestres amateurs qui se font nombreux, dont la structure peut varier entre 10 et 50 (voire plus) musiciens et danseurs. Ils jouent bien sûr la samba carioca (c’est à dire de Rio), mais aussi d’autres variantes telles que le Samba-Funk, le Samba-Reggae, le Maracatu (rythmique plus tribale venue du Nordeste du Brésil), …

Les musiciens sont dirigés par un chef d’orchestre qui joue du répinique et communique avec eux par un langage gestuel et des appels au sifflet (apito), afin de les prévenir des changements de rythmes, des breaks, … Souvent, il compose ainsi les morceaux au fil de chaque concert, réagissant à l’ambiance et à la motivation du public.

Aujourd’hui, de nombreuses batucadas tapent tout là dans les rues de France, lors de divers évènements : carnavals, fêtes de quartier, mais aussi en s’engageant pour des causes, mettant leurs rythmes puissants au service de grosses manifestations de rue. Bientôt près de chez toi !

Les principaux instruments

La caixa ou caisse claire La caïxa : équivalent de la caisse claire, qui fait en permanence monter la mayonnaise

Le surdo Le surdo, gros tambour basse que l’on frappe avec une mailloche, qui donne la pulse à tout l’orchestre
Tambourims Les tambourims, petit tambour frappé par une baguette souple au son très claquant, aux phrases très riches.

Les agogôs Les agogôs, cloches doubles dont la phrase typique de la samba ne vous est surement pas inconnue.

Chocalhos (ou chapinhas)Les chocalhos, cymballettes suspendues dans un cadre en métal secouées pour maintenir la pression..

Et ça donne quoi alors ?

Et comme une illustration vaut mieux qu’un long discours, voici en images le Gogo Beat, un morceau grave funky de Ens Batucada de Paris. Attention, ça envoie du gros lardon !!!

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Enfin bref, la batucada, ça tape tout là !!!

Quelques sites de batucadas :

  • Takadidoum, jeune batucada rennaise qui mélange la samba avec des musiques actuelles : funk, hiphop, drum’n bass
  • Toucouleurs, école de musiques de monde et grand orchestre de Rennes