Namdaemun (Sungnyemun), monument historique de Seoul, détruit par les flammes d’un incendie criminel

La porte Namdaemun, trésor national n°1Namdaemun (Grande Porte du Sud), de son vraie nom Sungnyemun (Porte des cérémonies élevées) monument historique sud-coréen, et classé trésor national de Corée du Sud en 1962 par les services du patrimoine, vient d’être complètement ravagée dimanche 10 février 2008, par les flammes d’un incendie criminel

La porte sungnyemun en 1904, avant l’occupation japonaiseConstruite au XIVème siècle, en 1398, elle est le vestige de l’ancienne porte d’entrée principale de la grande muraille qui entourait au Moyen-Âge Seoul, déjà capitale de la Corée (période Joseon) et est d’autant plus symbolique qu’elle est un des rares monument à avoir survécu aux diverses invasions (Japonaises au XVIe, et Mandchoue au XVIIe), à l’occupation japonaise (1905 / 1945) et à la guerre de Corée (1950 / 1953).

Film de l’événement

  • Vers 20h30, un chauffeur de taxi du nom de Lee Sang-gon indique avoir vu un homme portant un sac s’introduire dans la porte alors qu’il attendait un client. « plusieurs minutes plus tard, un feu a pris au deuxième étage. Je l’ai immédiatement signalé à la police. »
  • Vers 21h, trente neuf camions et 88 pompiers ont du se rendre sur les lieux, les pompiers ont combattu le feu à l’aide d’échelles et de tuyaux d’incendie dès 20h55.
  • A 22h30, les soldats du feu ont cru l’incendie sous contrôle et se sont concentrés sur de plus petits foyers, mais le feu à repris au deuxième étage et brulé le toit.
  • Le lundi midi ils essayaient d’isoler le toit et de noyer la porte avec de l’eau. L’effort fut vain et vers 12h40, les pompiers durent se résigner à voir la porte s’écrouler alors qu’ils arrosaient le sol environnant.

Quelques heures avant la tragédie, tout est calmeLes pompiers arrivent sur les lieux vers 20h55Les flammes se propagentL’incendie a gagné les parties supérieures de l’édificeTout est fini, 600ans partis en fumée

L’auteur de l’incendie qui a détruit la Sungnyemun a été arrêté le 12 février. Agé de 69 ans, Chae Jong-gi, récidiviste, avait déjà été condamné en 2006 à un an et demi de prison avec sursis pour avoir mis le feu au bâtiment Munjeongjeon du palais Changgyeonggung. Il a avoué être à l’origine de l’incendie.

Cette interpellation, deux jours après l’incendie, intervient alors que la Corée du Sud peine à réaliser la perte de ce symbole fort de son histoire et la perte de Sungnyemun a plongé la Corée dans un désarroi profond.

Comme un dernier hommage, deux vidéos de Namdaemun et de l’incendie :

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Et après ?

L’édifice en bois et en pierre va donc subir, dès que les diverses enquêtes et expertises seront terminées, une nouvelle reconstruction/rénovation, la première dès 1447, et la dernière datait de 1961/1963.

La reconstruction du monument est estimée à 20 milliards de wons (14,5 millions d’euros) et devrait prendre de 3 à 5 ans (le type de bois nécessaire est très difficile à se procurer).

Cette terrible tragédie a finalement soulevé un certain nombre de dysfonctionnements au sein de l’appareil Coréen, et génère quelques polémiques :

  • La destruction du trésor vieux de 6 siècles pourrait être due à une erreur de jugement des pompiers et aux essais inefficaces de garder le feu sous contrôle au début de l’incendie.
  • L’Administration de l’héritage culturel, une agence gouvernementale chargée de la conservation du patrimoine sud-coréen, est aujourd’hui accusée de négligence dans la surveillance du site où ne se trouvaient, selon les pompiers, que huit extincteurs, de plus cet incendie suit celui de plusieurs autres sites historiques importants. En avril 2005 par exemple, un incendie avait détruit le Naksan, l’un des plus anciens temples bouddhistes du pays.
  • Lee Myung-bak, le tout récent nouveau président de la République de Corée, a proposé l’organisation d’une collecte pour financer la reconstruction de la porte. Cette initiative a suscité de vives critiques, des Coréens rappelant que le nettoyage des côtes salies par la marée noire de décembre 2007 a déjà été l’oeuvre de bénévoles.
  • Le criminel n’avait été condamné « qu’à » 1 an et demi de prison avec sursis, et ne semblait pas être soumis à un quelquonque contrôle judiciaire

Certains voient dans cette tragédie un mauvais signe pour les débuts du président Lee Myung-bak, qui doit être investi le 25 février. En outre, le projet phare de sa campagne, un canal traversant le pays du nord au sud, pourrait se voir remis en question. Ses travaux menaceraient d’importants trésors du patrimoine national.

La perte de Namdaemun, ça tape vraiment pas tout là .. snif 🙁